La nouvelle bande-dessinée « Polaris », une invitation à questionner l’érotisme et ses différentes portées

Envie aujourd’hui de partager avec vous la sortie le 3 octobre dernier de la bande-dessinée « Polaris, ou la nuit de Circé », scénarisée par Fabien Vehlmann et dessinée par Gwen de Bonneval ! 

Nous avons eu la chance et le plaisir de participer à sa conception, modestement, en questionnant avec l’auteur au cours de conversations passionnantes la pertinence et la faisabilité des jeux érotiques qu’il créait.

Nous poursuivrons tout simplement par le texte écrit par Capucine Moreau pour son dossier de presse. Bonne lecture !

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« Polaris », bande-dessinée insolite et inclassable, invite -au travers d’une intrigue policière finalement prétexte- à une réflexion sur l’érotisme et ses différentes portées. 

Une prise de position très utile aujourd’hui – et courageuse ! 

En effet, notre société contemporaine, en exhibant les corps et les « pratiques sexuelles », en exhortant à la jouissance, en permettant soi-disant tout, finit paradoxalement par programmer nos excitations et appauvrir considérablement ce que peut être la rencontre des corps. Nous en avons du coup des images stéréotypées, normées, que nous cherchons à reproduire. Sans nous demander quels sont nos réels désirs dans leur spécificité. Sans en parler à l’Autre. Avec une peur tenace d’être « anormaux », « obsédés », « pervers », « salopes »… ou au contraire « trop sages »… 

Comment alors redonner à l’érotisme toute sa puissance ? Comment y mettre, et y trouver, notre souffle vital ? Notre créativité ? L’union à l’Autre unique et spécifique ? 

« Polaris » nous propose des pistes très pertinentes à mon sens : en faisant le parallèle avec les pratiques artistiques ; en développant notre imaginaire ; en osant ; en jouant ! En créant des règles et des contraintes pour inventer d’autres mouvements, pour sortir de nos mécaniques huilées et répétées. En re-créant du tabou, pour mieux le transgresser ! En allant aux frontières de ce qui nous est confortable. En communiquant, par les mots et par les gestes. En étant conscients de nos limites, et en les exprimant. En visitant la part de lumière, mais aussi la part d’ombre, de nos désirs et de notre humanité. 

Et, lecteurs-lectrices qui avez envie d’élargir votre champ d’expérience, je vous rassure, vous pouvez vous inspirer de cet ouvrage sans faire partie d’un cercle élitiste ou pratiquer en groupe ! 
Changer de regard sur l’érotisme et accepter de le cultiver au quotidien, seul-e, en couple, peut déjà vous conduire dans de multiples explorations. Mais surtout, cela peut vous permettre de garder cette énergie vivante et stimulante, de donner de la richesse et de la variété à vos ébats plutôt que de n’y chercher qu’une jouissance rapide et souvent décevante, et de maintenir le désir vivace dans vos unions durables. 

C’est ce que viennent souvent chercher les personnes qui me consultent, ou qui participent aux activités de L’École de Capucine, quelque chose de plus grand dont ils ont l’intuition mais qu’ils ne savent pas où et comment trouver.  

Merci à Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval d’ajouter leur pierre à cette entreprise nécessaire -et même politique dirais-je- de nos jours ! 

Capucine Moreau, sexologue, fondatrice de L’École de Capucine – Cultiver l’érotisme 

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